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Endurance DCF à Nogaro, compte rendu de la course de 6h, enfin presque 6h...

18 Juillet 2013 , Rédigé par Sébastien POUZOULET Publié dans #Saison 2013, #Endurance

Cela faisait quelque temps que je n'avais pas écris sur le blog. En effet entre ma mauvaise gestion du planning qui m'a fait manquer l'endurance 3h à Pau et mon frère qui n'a rien trouvé de mieux que de se marier le WE du Protwin à Pau, je n'ai pas beaucoup roulé en juin.

Heureusement, ce WE du 12, 13 et 14 juillet avait lieu la traditionnelle course d'endurance du DCF (Ducati Club de France) à Nogaro dans le Gers.

Jeudi : Arrivé à Nogaro le soir avec ma chère et tendre, nous installons notre matériel à coté du barnum d'Emmanuel qui est accolé à celui de la Gypsy Team. Il fait encore très chaud à 23 heure, la météo annonce beau et chaud tout le WE, ça me changera de la dernière course de Protwin!

Petit récapitulatif des forces en présence :

Pour la course de 6h qui à lieu le dimanche, nous sommes engagés avec Hugue et Manu sur la Ducati 1098S de ce dernier. La machine est équipée d'un réservoir de 24L afin de pouvoir prolonger les relais jusqu'à une heure (45 minutes maxi avec le réservoir d'origine), enfin si le pilote dessus peux tenir une heure. Eric notre nouveau Team Manager nous rejoindra samedi. Fort de son expérience en endurance (plusieurs participations à des courses de 8 et 24 heures), il nous permettra d'être plus structuré et efficace.

Pour la course de 4h du samedi, c'est la Gypsy Team qui s'y colle avec dans l'ordre : Loïc (gringo zéro) sur son proto mélange de cadre de 916 enserrant un moteur de multistrada, Gilles (gringo one) qui lui a mélangé un 749 avec un moulin 1000DS et Nico qui sera pilote de réserve.

Nous avons donc respectivement 60 et 36 heures pour transformer tout ce monde en vrai team d'endurance et il y a encore un peu de boulot!!

Pour commencer, il faut monter le réservoir 24L sur la 1098 ce qui est fait dans la nuit de jeudi à vendredi. On galère un peu mais ça passe, la moto sera prête à rouler au essai libre demain matin. On va au dodo, il est 3 heures.

Le réservoir 24 litre et la toute petite selle

Le réservoir 24 litre et la toute petite selle

Vendredi : essais libres

Les premiers à l'élancer sont les participants des 4H : résultats Gilles casse son moteur. Alors qu'il était prévu un course à l'américaine (une moto par pilote et deux tours de pénalité), la Gypsy Team roulera à la française (une moto unique pour toute la course sans pénalité) sur l'engin de Gringo zéro. Pour la seconde séance, Gilles découvre cette nouvelle moto avec le sélecteur de vitesse inversée et se sent de suite très bien.

A 11 heures c'est à nous de nous élancer pour les essais libres des 6 heures. Le premier contact avec la Ducat équipée de son réservoir endurance se passe plutôt bien pour moi, j'ai de très bonne sensation et je trouve ma position naturellement. Les autre s'en sorte aussi très bien. Seul soucis : la mise à l'air libre du réservoir qui nous donne un peu de fil à retordre mais nous trouvons rapidement une solution. La moto marche bien, je ne roulerai plus jusqu'au essais qualificatifs demain.

Samedi : essais qualificatifs

Objectif assurer la qualif, devant ça roule vraiment trop fort. Hugues part en premier et reviens avec un tour en 1'44", Manu est le second à s’élancer pour une marque à 1'48". Je rentre en piste en dernier et signe la qualification de l'équipage en 1'43". Je suis encore loin du temps de l'an dernier avec 1'40" en course mais j'ai peu roulé avec le 1098 et le gros réservoir n'aide pas. Nous sommes donc 16éme sur la grille de départ.

Samedi : course de 4 heures

Je suis le Team Manager de la Gypsy team, comme l'année dernière sauf qu'on aimerai bien la finir cette endurance cette année!

L'équipe va rouler sur le proto de Loïc à la française, j'ai modifier au burin le réservoir de 916 pour que le derrick passe, tout fonctionne, Gilles est prêt à prendre le départ. Bon, en fait il va le rater ce départ, la faute à un commodo baladeur, mais il va faire un super relais et passer la moto à Loïc en 12éme place après un remontée héroïque.

Avant la fin de son relais, Loïc rentre au stand : le cale pied gauche glisse! Un rapide examen sur la pit line, le coté gauche est maculé d'huile, je rentre la moto dans le stand pour un démontage en règle. Le diagnostic tombe en une minute : carter d'alternateur fendu! La course s'arrête là...

Samedi soir : répétition générale

Eric notre Team manager découvre la Ducati 1098 et s’imprègne de ses spécificités et de tout les trucs qui lui permettront de gérer au mieux la course de demain. On voit là l'homme d’expérience! Chacun voit son rôle défini et nous répétons une dizaine de fois la séquence de ravitaillement et de changement de pneu arrière, le tout chronométré. Une fois cela calé, c'est l'heure du dernier briefing afin de mettre au point la stratégie de course. Malgré la température prévue, nous décidons de partir réservoir plein afin de pouvoir rouler une heure si le physique le permet.

Tout le monde au lit, demain il va falloir être en forme!

Le stand 16, nous sommes prêt à en découdre

Le stand 16, nous sommes prêt à en découdre

Dimanche : la course de 6 heures

A partir de 9h toute l’équipe déménage le matériel dans le box 16 où nous serons installé pendant la course. Eric ne veut pas que les pilotes participent, notre job c’est de mettre du gaz et il faut être frais ! Sympa la vie de pilote !

Je serais le premier à m’élancer et je suis donc le premier à enfiler ma combinaison. IL ne fait pas trop chaud et dans le box un petit courant d’air nous rafraichi encore.

11heures : tout est prêt, la direction de course nous appelle, il est tant d’aller se mettre en pré grille. Après 2 tours de chauffe, je réinstalle la moto en épis pour le départ « le mans » et part me positionner en face d’Eric qui tient la moto. Le directeur de course lève son drapeau et c’est le faux départ généralisé pour la moitié des concurrents (on doit normalement partir quand il le baisse). Je reste en place mais la direction poursuit la procédure, je saute sur la moto et part un peu en retard.

Mon premier relais se passe très bien, je double les concurrents qui n’avait doublé dans la cohue du départ et me cale sur un rythme en 1’43" derrière un proto. Je décide de ne pas l’attaquer et de rouler sans forcer afin de faire un relais le plus long possible. Au fur et à mesure que le réservoir se vide, je sens de mieux en mieux la moto et décide de remonter sur lui en haussant le rythme. Un tour sous la barre des 1’41" et je l’ai dépassé. Je me recale sur un rythme plus lent d’une seconde et poursuit mes rond. Lors d’un gros freinage, la moto se cabre brutalement sur la roue avant, je récupère la situation et je me dis qu’avec le gros réservoir et le gros pilote, il va falloir faire attention.

Après 26 tours de course et presque 50 minutes je rentre au stand passer le relais à Hugues 12éme. Je suis plutôt en forme après un long relais mais il va falloir récupérer car dans 2 heures j’y retourne.

Hugues part pour 50 minutes aussi et fait un bon relais, nous sommes proche du top 10 et notre stratégie de relais long semble payer. Les 2 équipages voisins ont déjà abandonnés sur casse, si on va jusqu’au bout ça devrait le faire.

Le troisième relais et réalisé par Manu qui assure avec le pneu arrière en fin de vie. Il faitlui aussi 50 minutes et rentre pour me rendre la moto. Nous en profitons pour monter un pneu arrière neuf. Je repart et fait attention lors des premiers tours avec le pneu pas tout à fait chaud et le réservoir, lui tout à fait plein. Après quelques tours je suis plus en confiance lors je manque de me faire catapulter par le moto à l’accélération de la cassure à droite après l’épingle du bout de la ligne droite. Je passe à rien de la correctionnelle me faisant désarçonner par la moto et retombant par miracle sur le réservoir de celle-ci, non sans m’être légèrement écrasé l’entre jambe au passage. Alors que je continue mon chemin sur la piste, et heureusement pas sur le dos, je passe en revue les hypothèses :

  • tache d’huile sur la piste : bof, j’ai rien vu
  • trop de gaz : bof j’en ai pas mis plus que d’habitude
  • fuite d’huile de la moto : possible
  • problème de pneu : possible aussi, car il avait perdu de la pression pendant la nuit mais nous avions mis cela sur un mauvais montage.

Je poursuis doucement ma route et dans le virage de l’entrée de la ligne droite la moto re-glisse : il y a bien un souci, je décide de rentrer afin de tirer ça au clair. Et en effet le pneu arrière avait perdu en l’espace de 8 tours 300g. On monte donc un troisième pneu arrière qui avait été monté sur la première jante (Eric prévoit tout, c’est agréable). Je repart mais doit rapidement rentré victime d’un coup de barre monumental : le stress d’être passé si près de la chute plus l’arrêt et la chaleur on eu raison de moi. Dans la voie des stand la moto cale et Hugues à du mal à la démarrer mais il arrive à s’élancer… pour un tour.

Il rentre au stand en roue libre, la moto fume et sent le chaud. Eric rentre la moto au stand et le verdict tombe rapidement : la roue avant a touché le radiateur et l’a percé. Moralité : plus d’eau et une magnifique surchauffe. Peut être que cela c’est passé lors de mon épisode de stoppie au freinage lors du premier relais… ou pas…

Nous sommes obligés de jeter l’éponge après 3 heures de course.

Les pilotes en action (crédit photo : gringo one)
Les pilotes en action (crédit photo : gringo one)
Les pilotes en action (crédit photo : gringo one)
Les pilotes en action (crédit photo : gringo one)

Les pilotes en action (crédit photo : gringo one)

Comme disait Carl Fogarty (pilote officiel Ducati) lorsqu’il était engagé au 24h du Mans : « L’avantage des courses d’endurance en ducati c’est qu’après 3 heures tu es déjà à la piscine. » Il n’avait peut-être pas tord.

Pour faire un bilan de ce WE, je tiens en premier lieu à remercier toutes les personnes qui nous on aidait tout au long du WE et à Eric pour le super boulot de Team Manager.

Ensuite, je suis content d’avoir pu faire un bon relais de plus de 50 minutes sous cette chaleur. Maintenant les courses de vitesse vont me paraitre courtes.